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Les pintades à Londres

London

Je lis très peu de chick lit'. Si j'apprécie Lauren Weisberger (« Le diable s'habille en Prada », « People or not people »), par contre, je suis passée complètement à côté du phénomène Sophie Kinsella (pourtant, j'en lis beaucoup de bien chez bon nombre de mes collègues blogueuses, il faudra bien que je me décide à y jeter un coup d'œil un de ces jours). Ma copine Nicole m'a prêtée récemment « Les pintades à Londres ».

Ce bouquin est une sorte de guide-reportage. À travers dix portraits-types, dix "catégories" de femmes, Virginie Ledret, journaliste française qui vit à Londres depuis plus de dix ans, croque les comportements, les goûts et les points de vue des Londoniennes. Il y a la It Girl, la pintade posh posh posh (comprenez riche et chic, contrairement à Victoria Beckham, qui n'est, elle, que riche et riche), la Single de choc (véritable fashion disaster), la Londonienne high art & high brow (étudiante, urbaine, intello), la pintade DIY (autrement dit Do It Yourself, débrouillarde, altermondialiste et libertaire), la North London Girl (européenne et sociable), la princesse de l'Empire, la pintade grungy (bohème, créative et bio), la sexy chick (qui pratique binge drinking et binge fuck) et enfin la mummy. Chaque portrait est aussi l'occasion de donner de nombreux conseils et quelques adresses.

Certes on y parle épilation (se faire bien épiler serait quasi mission impossible à Londres), dress code ou femmes de footballeurs (les fameuses WAGs), mais aussi avant-garde théâtrale, opéra, membership ou colocation.

Bref, ce bouquin est bien moins greluche que ce que j'imaginais. Je pense même qu'il complète bien des guides de voyage plus classiques comme Lonely Planet.

Bon dimanche !

 

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La Française est un être fabuleux

Catherine Deneuve

Après un repas en famille interminable, quel bonheur ce fut d'écouter le silence en feuilletant Paris Match !

À la page 32, on parle d'un livre. Ça s'appelle « So chic ! », c'est écrit par la journaliste anglaise Helena Frith Powell (qui est aussi une blogueuse à succès) et ça a peu de chance d'obtenir le prix Pulitzer

Installée dans le Languedoc, Helena Frith Powell s'est lancée un grand défi : découvrir ce qui fait le charme si particulier des Françaises.

Le portrait qu'elle dresse me paraît saisissant de réalisme. Jugez plutôt : les Françaises sont des lianes (alors qu'elles se goinfrent de pâtes et de foie gras), elles sont les plus élégantes, les plus charmeuses, les plus douées au lit.

Helena Frith Powell ne peut que s'incliner devant une telle supériorité, mais elle se met tout de même en tête de trouver quelques explications :

1. La présence constante d'un ou deux rouges à lèvres dans notre sac à main (Grand Dieu ! Mais Mrs Frith Powell lit mon blog !).

2. Si les françaises restent minces sans en ficher une rame à la gym (Helena Frith Powell semble connaître ma théorie sur le sport : « Croyante mais pas pratiquante »), c'est qu'elles ont toutes un amant. La Française perd donc ses calories dans « ses parties de jambes en l'air de 5 à 7 » (vu le désert affectif, et pas que affectif, dans lequel je me trouve actuellement, je compte plus sur mon métabolisme que sur les galipettes...).

3. Les Françaises portent des sous-vêtements rigoureusement coordonnés (eh bien aujourd'hui, je ne porte pas des sous-vêtements coordonnés. Ne poussez pas des cris d'orfraie ! C'est juste que je n'ai pas de soutien-gorge. C'est l'un des avantages quand on a des petits seins. Par contre, j'ai une culotte. Et même une culotte jaune pâle Princesse Tam Tam qui m'a coûté un bras).

Bref... « So chic ! » est un éloge à la gloire des Françaises. J'aimerais bien savoir où Mrs Frith Powell est allée chercher tout ça et (surtout) qui elle a rencontré pour les besoins de son livre : Catherine Deneuve ? Carole Bouquet (tellement formidablement frigide dans les épisodes parisiens de Sex and the City) ? Coco Chanel (Coco Chanel, ça a peut-être été un peu compliqué, je vous l'accorde) ?

« So chic ! », ramassis de clichés plein d'humour, a connu un beau succès en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Comme quoi le mythe fait vendre...

Bon mardi !

 

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J'ai une soeur cachée !

Bah, pas en vrai. Ceci étant, je vais vous dire, dans la vie, on a parfois des surprises. Il ne faut pas être trop affirmatif.

 Miranda July

Miranda July, 33 ans, américaine, a déjà brillé comme auteure de théâtre, vidéaste (ses vidéos ont entre autres été présentées au MoMA et au musée Guggenheim), comédienne et réalisatrice (son premier long métrage Moi, toi et tous les autres a été récompensé par la Caméra d'Or à Cannes et le Prix Spécial du Jury au festival du film de Sundance). La voilà donc en littérature avec Un bref instant de romantisme, un recueil de seize nouvelles délicieusement toquées et décalées.

À chaque page, les personnages évoluent dans le réel (un quotidien banal), mais ce qui les distingue des autres (de vous et moi ?), c'est leur formidable imagination.

Dans « l'Equipe de natation », une jeune femme s'improvise prof et décide d'apprendre à nager à un groupe de septuagénaires. En l'absence de piscine dans les environs, les séances se tiennent dans son salon... à l'aide de cuvettes remplies d'eau chaude. Résumé comme ça, ça semble grotesque, mais en fait, c'est surtout joliment loufoque et même poétique.

Deux extraits d'Un bref instant de romantisme :

Nouvelle « Un bref instant de romantisme » : « Je me suis avancée dans le couloir et j'ai vu que Theresa était assise par terre à côté d'une chaise. C'est toujours mauvais signe. Un terrain glissant. Mieux vaut s'asseoir sur les chaises, manger quand on a faim, dormir, et se lever pour aller au travail. Mais nous sommes toutes passées par là. Les chaises sont pour les gens, et vous n'êtes pas sûre d'en être. »

Nouvelle « Mon plaisir » : « Nous ne faisons plus l'amour. Je ne m'en plains pas, c'est de ma faute. Je suis allongée à côté de lui, j'essaie d'envoyer des signaux à mon vagin, mais c'est comme essayer de regarder les chaînes câblées sur un téléviseur  qui n'a pas de branchement pour recevoir les programmes du câble. Mon esprit réclame de faire l'amour, mais mon vagin se contente d'attendre la prochaine fois qu'il aura envie de faire pipi. »

Ce recueil de nouvelles doit se lire au 2e (voire au 3e ?) degré. J'ai adoré ce livre parce que je me retrouve tout à fait dans cet humour par l'absurde et dans la sensibilité de l'auteure. 

À noter que Miranda July a remporté avec Un bref instant de romantisme le prestigieux Frank O'Connor award 2007 (finalement, je suis assez contente qu'elle ne soit pas vraiment ma sœur cachée, cette jeune femme est beaucoup trop talentueuse, ce serait dur à vivre au quotidien...).

 

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Marilyn Monroe & son psy

Marylin Monroe

Pourquoi me suis-je retrouvée à la caisse de ma librairie avec Marilyn dernières séances de Michel Schneider entre les mains ? Je n'ai pourtant aucune fascination particulière pour l'actrice blonde décédée dix-neuf ans avant ma naissance.

L'histoire...

Comme dans certains films noirs, le livre s'ouvre sur une scène qui aurait pu en être l'épilogue : le corps d'une femme sans vie dans une chambre à Los Angeles, et au téléphone, la voix d'un homme qui signale à la police son décès. Cette femme, c'est Marilyn Monroe, et l'homme, son psychanalyste Ralph Greenson.

On apprend en cours de lecture que Marilyn Monroe a un rapport ancien à la psychanalyse. Elle est entrée en analyse dès 1955, soit sept ans avant sa mort. Marilyn Monroe, à l'époque où elle n'est encore que Norma Jeane Baker, est déjà fascinée par Freud qu'elle a lu très jeune. Le roman de Michel Schneider va à l'encontre d'une idée reçue : on y découvre une femme intelligente et profondément intéressée par les mots. L'auteur, Michel Schneider, prête à la mythique blonde des réflexions subtiles sur la mort, sur son image, sur Hollywood.

Lorsque Marilyn entre pour la première fois dans le cabinet de Ralph Greenson, son quatrième psychanalyste, nous sommes en janvier 1960. Elle va chercher auprès de lui de l'aide pour tout : pour jouer au cinéma, pour aimer, pour ne pas mourir... Lui va vouloir l'entourer d'amour, de famille, un peu comme un enfant en détresse. Leur relation va prendre un tour ambigu, trouble et troublant : « Greenson et Marilyn étaient attachés par l'amour et la mort, mais ils n'avaient pas fait l'amour. Il leur restait à faire la mort. Ensemble ou chacun pour soi. »

Entre deux séances de psychanalyse, on assiste à des tournages de film, on fait la connaissance des maris, des ex, des amants (les Kennedy ou Yves Montand ne sont pas loin), des cinéastes galants et des salauds.

Norma Jeane Baker sait qu'elle joue à être Marilyn, mais ne parvient pas malgré tout à s'y habituer. « Au sommet de sa renommée à Hollywood, Marilyn avait quitté la ville des rêves pour New York. (...) À Los Angeles, elle connaissait trop la ville et la ville la connaissait trop. Être Marilyn Monroe dans la cité des anges était devenu un métier à plein temps, non seulement sur les plateaux mais dans les lieux publics. »

Marilyn dernières séances ne raconte pas la vie de l'actrice mais bel et bien sa déchéance. Une déchéance pleine de champagne, de dollars, de strass, de stars. « Je ne demande pas qui ? Je me demande qu'est-ce qui a tué Marilyn ? Le cinéma, la maladie mentale, la psychanalyse, l'argent, la politique ? »

Il ne faut pas s'y tromper, le livre est un roman et ni une biographie ni un document. Fait de flash-back et d'allers-retours (l'ordre n'est pas chronologique, ce qui peut dérouter), il donne surtout à voir une femme malade, souvent même incapable de tenir debout, complètement accro aux barbituriques et autres cachets et dramatiquement seule.

Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai acheté Marilyn dernières séances, mais je suis ravie de mon choix.

Marilyn dernières séances de Michel Schneider, 2006, Prix Interallié.

Demain, la suite de « Au secours ! Mon homme porte mes strings ! » Bon lundi à tous !

 

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Quand Jérôme Kerviel me donne envie de lire

Comme vous le savez, Jérôme Kerviel - notre trader star - a accordé une interview surprise à l'AFP mardi.

Au cours de l'entretien, Jérôme Kerviel reconnaît avec discernement (et j'irais même jusqu'à dire avec un certain bon sens) qu'en engageant au nom de la Société Générale des positions dépassant les 50 milliards d'euros, il s'est « laissé un peu emporter ». Il tente néanmoins de se justifier en ajoutant que : « On perd la notion des montants quand on est engagé dans ce genre de métier ».

Toujours est-il que le courtier de la Société Générale m'a refait penser à un livre de Jay McInerney que j'aime beaucoup : Trente ans et des poussières (Brightness Falls pour mes lecteurs anglophones).

Jay McInerney

L'histoire donc... Corrine et Russel Calloway ont la trentaine. Elle est courtière en bourse, lui est éditeur. Ils sont beaux, intelligents, ambitieux, pas encore riches mais bien décidés à le devenir.

Dans leur appartement de l'East Side, ils reçoivent à dîner amis en couple et singles qui trouvent là un répit à leur trépidante vie de célibataire.

Mais soudain, tout se met à déraper...

Corrine veut des enfants, mais Russel n'est pas prêt.

Jeff, leur meilleur ami, écrivain, retombe dans la drogue.

La vaporeuse Trina Cox débarque...

Jay McInerney décrit avec humour et férocité cette jeunesse américaine du New York des années 80 où on s'inquiète plus de son compte en banque que de l'art. « Quand je pense que je passais des nuits blanches, rien que pour m'amuser » se souvient un des protagonistes. Tandis qu'un autre lui rétorque : « C'est plus amusant quand c'est pour le fric ! » Sauf qu'au matin du « lundi noir » d'octobre 1987, le krach boursier va mettre fin à toute cette profusion.

Trente ans et des poussières a une suite, publiée en France l'an dernier. Le roman s'intitule La belle vie (The Good Life, en VO) et on y retrouve les mêmes protagonistes à la veille du 11 septembre.

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Le livre le plus drôle du monde

Sheila Levine

Connaissez-vous Sheila Levine ? Sheila Levine, c'est un peu Bridget Jones trente ans avant Bridget Jones.

Sheila Levine est une célibataire américaine trentenaire, complexée par ses bourrelets disgracieux et ses cheveux frisottants. Pour couronner le tout, elle a aussi une mère juive qui lui répète depuis toujours : « Trouve un mari à la fac, après ce sera plus dur ».

Alors... Sheila va chercher : un époux, un bel appartement, un bon job, de la minceur et même des fringues branchées.

N'ayant trouvé que libération sexuelle et studio au loyer exorbitant, Sheila décide que c'en est assez. D'ailleurs, depuis le départ, les statistiques sont contre elle : « Cent trois fillettes viennent au monde pour cent nouveau-nés. Le calcul est vite fait : je suis une des trois filles en trop. »

Sheila se lance alors dans l'organisation de son suicide parce que « Vu l'explosion démographique, vous en connaissez un, vous, de moyen plus écolo que de s'éliminer soi-même ? »

Et comme justement on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Sheila se met en quête d'une concession, d'une pierre  tombale, d'un rabbin et même d'un sublime déshabillé (pour couvrir son corps inanimé).

Sheila Levine est morte et vie à New-York, écrit par Gail Parent et publié pour la première fois en 1972, est - à mon humble avis - le livre le plus drôle du monde. L'éditeur du roman en parle comme de la version féminine du Complexe de Portnoy de Philip Roth. La comparaison me semble tout à fait justifiée tant l'auteur manie à merveille humour, autodérision et liberté de ton.

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Un livre que j'aime beaucoup (1)

Joan Didion

 Quelques extraits d'un livre sublime:

"Maria n'a jamais compris l'amitié, la conversation, les plaisirs normaux de la vie en société."

"Elle se souvenait de tout cela, mais rien ne semblait rimer à rien. Elle avait le sentiment que son rêve s'était terminé et qu'elle avait continué à dormir."

"Cette italienne semblait convaincue que la vie avait un but, elle avait l'air de prendre des décisions et de s'y tenir, et Maria inspectait les photographies comme si elle pouvait trouver là une clef."

"Va te faire foutre, leur ai-je dit à tous, en m'amputant moi-même de ma vie." 

Joan Didion, Play It As It Lays (traduction française: Maria avec et sans rien).

Publié en 1970, ce livre a été réédité en 2007 et vous pouvez le trouver dans la collection pavillons poche chez Robert Laffont.

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"D'un point de vue purement commercial, si Noël n'existait pas il faudrait l'inventer." Katharine Whitehorn

Lorsqu'on me demande ce que je souhaite pour Noël, je réponds invariablement: "De l'argent." Avec une enveloppe pleine d'euros - parfois agrémentée d'une carte de voeux - pas de souci. C'est petit, léger, aucune chance que cela reste coincé dans la cheminée, mais surtout, pas de déception.

Parce que comme tout un chacun, j'ai au fond d'une armoire Ikea toute une kyrielle de cadeaux enfouis depuis des années et qui ne seront exhumés, c'est certain, qu'en cas de déménagement.

Voyons... Un vanity rouge en forme de coeur, une ceinture "strass", un coffret de correspondance "langage des fleurs", etc.

Ceci étant, tous ces cadeaux n'égaleront pas des CD d'Ace of Base et d'Hélène (oui, oui d'Hélène et les garçons) reçus à Noël. Tant d'années après, ce souvenir me procure encore un fou rire nerveux. C'est dans ces moments-là (notamment) que vous vous apercevez que vos proches ne vous connaissent pas du tout.

A côté des petites et légères enveloppes de Noël 2007 se trouvait un livre: Alabama Song de Gilles Leroy ou la biographie inventée de Zelda Sayre Fitzgerald, épouse de l'écrivain Francis Scott Fitzgerald. Leur couple, son alcoolisme à lui, sa cruauté, sa jalousie, sa folie à elle, ses dépressions, ses frasques. Parfois, le récit tourne un peu en rond, mais le style de Gilles Leroy sauve tout, et plus encore.

Alabama Song

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